Avec APILeg, Picard part en campagne pour une agriculture plus vertueuse

Le projet APILeg initié par Picard en partenariat avec lNRAE (Institut National de Recherche pour l’Agriculture l’Alimentation et l’Environnement) a pour vocation de remettre la nature au centre de l’agriculture. En ligne de mire, un environnement mieux préservé et des produits plus sains dans l’assiette. Explications.

APILeg est né il y a 6 ans suite à une analyse du cycle de vie des produits Picard. Il s’agissait de déterminer à quel stade l’impact environnemental était le plus lourd. L’état des lieux a été sans appel : 40 à 50% de l’impact environnemental pour les légumes surgelés a lieu au niveau du champ. Il y avait donc urgence à réfléchir à la façon de protéger et préserver le vivant dans le champ. C’est ainsi qu’est né APILeg auprès de la filière légumes bretonne. Ce projet tripartite réunit la société Ardo l’un des principaux fournisseurs de légumes de Picard basé en Bretagne, Picard et l’INRAE. L’acronyme de ces 3 sociétés est API. On ajoute Leg pour légumes et on obtient APILeg. C’est tout simple.

Logo Apileg

Un guide de bonnes pratiques

La première étape a été de constituer un référentiel de pratiques agroécologiques visant à réduire les traitements chimiques. Elles doivent remplir deux conditions : apporter un réel bienfait environnemental et être faciles à mettre en œuvre.

 

L’occasion de renouer avec des pratiques oubliées comme le désherbage mécanique qui ne requiert aucun traitement chimique ou encore l’implantation de la bande fleurie plantée autour de la parcelle cultivée. Il faut savoir que les fleurs favorisent la biodiversité en attirant des insectes dont certains mangent les pucerons présents sur la culture. D’autres stratégies astucieuses ont été identifiées comme le décalage des cultures dans le temps pour dérouter les ravageurs, l’introduction de variétés résistantes qui ne nécessitent pas de produits phytosanitaires ou encore la construction de nichoirs à rapaces, prédateurs des rongeurs qui détruisent les cultures. Les adeptes de l’agroécologie savent aussi l’intérêt de faire des retenues pour l’eau, de créer des haies, de construire des talus… Au total, une trentaine de pratiques vertueuses ont été incluses à ce jour dans le cadre du projet APILeg.

Un nouveau rapport à la nature

Une fois le catalogue des bonnes pratiques constitué, Picard et ses partenaires se sont rendus sur le terrain auprès des agriculteurs afin d’initier la mise en place de ces pratiques. Le contrat est le suivant : sur les 27 pratiques retenues par les membres du projet APILeg, chaque agriculteur doit en mettre en place au moins 10 sur l’ensemble de son exploitation pour qu’elle puisse être intégrée dans le projet APILeg. En contrepartie, il bénéficie d’un soutien financier de la part de Picard. La grande force du projet APIleg est de prendre en compte l’ensemble du système de culture d’une exploitation. C’est ainsi que le projet fonctionne via des d’échanges et des séances de co-construction entre agriculteurs animées par les Chambres d’Agriculture de Bretagne qui apportent leurs conseils sur les légumes mais aussi sur les céréales. Depuis la mise en place d’APILeg en 2020, 27 agriculteurs bretons se sont portés volontaires pour intégrer la démarche.

Gilles Lemeur

Des agriculteurs qui n’ont pas hésité face à la surcharge de travail parfois importante que cet engagement représentait. Ils n’ont pas eu peur non plus de prendre des risques avec parfois quelques déconvenues à la clé comme l’explique Gilles Le Meur, agriculteur à Cléguerec en Bretagne centre et partenaire de la première heure d’APILeg. Il prend l’exemple d’une parcelle de haricots non traitée dont il a dû se résoudre à sacrifier la moitié parce qu’elle avait été attaquée par des mouches. Cela n’a pas entamé son enthousiame puisqu’il se dit aujourd’hui ravi de participer à cette aventure. « Grâce au projet, je me suis réapproprié mon métier » reconnaît-il. Car, il l’avoue, sa relation à la nature a changé. Aujourd’hui il travaille avec la nature et avec la biodiversité, elles sont (re)devenues ses alliées et la vie a repris ses droits sur son exploitation. Il évoque même le chant des oiseaux qu’il ne prenait plus le temps d’écouter.

Le projet a démarré en Bretagne car la région est un gros pourvoyeur de légumes pour Picard. À l’avenir, d’autres terroirs agricoles pourraient être associées à cette démarche comme le nord de la France ou les régions du sud avec les fruits cette fois.